Un moment difficile n’a pas à devenir toute notre journée
Il suffit parfois de quelques minutes pour bouleverser une journée.
Une parole qui nous blesse. Une tension avec quelqu’un. Une mauvaise nouvelle. Une inquiétude pour une personne que nous aimons. Un problème qui surgit alors que nous avions déjà beaucoup à porter.
L’émotion arrive : colère, tristesse, peur, déception, inquiétude…
Et elle est réelle.
La pratique zen ne nous demande pas de faire comme si elle n’existait pas. Elle ne nous apprend pas davantage à devenir insensibles ou à demeurer parfaitement calmes quoi qu’il arrive.
Elle nous invite d’abord à reconnaître ce qui est là.
Je suis en colère.
Je suis inquiet.
Cette situation me fait mal.
Puis, avant que l’émotion décide immédiatement de ce que nous allons dire ou faire, nous pouvons essayer de créer un peu d’espace.
Revenir au corps. Sentir notre respiration. Nous asseoir quelques instants si nous le pouvons. Marcher un peu. Laisser le tumulte intérieur s’apaiser suffisamment pour voir plus clairement.
Non pas pour oublier ce qui vient de se passer.
Mais pour pouvoir y répondre plutôt que simplement y réagir.
Car certaines situations exigent une parole. D’autres demandent une décision, une limite à poser ou une action. Pratiquer le Zen ne signifie pas tout accepter silencieusement ni détourner le regard de ce qui doit être affronté.
La pratique peut cependant nous aider à retrouver assez d’espace intérieur pour nous demander :
Quelle réponse ai-je réellement envie de donner à cette situation ?
Et puis vient peut-être une autre partie de la pratique : permettre au moment difficile de reprendre peu à peu sa juste place.
Ce qui s’est produit le matin n’a pas nécessairement à être revécu intérieurement à midi, dans l’après-midi, puis encore le soir.
Nous pouvons avoir été profondément touchés sans donner à cet événement tout l’espace qui reste dans notre journée.
Cela ne signifie pas nier ce qui s’est passé, ni décider que cela n’avait pas d’importance. Certaines blessures demandent du temps. Certaines difficultés ne se règlent pas en quelques respirations.
Mais entre nier ce que nous ressentons et laisser une difficulté envahir tout ce qui suit, il existe un espace.
C’est dans cet espace que nous pouvons retrouver un peu de liberté.
La difficulté demeure ce qu’elle est. La pratique ne l’efface pas.
Elle peut toutefois nous aider à la traverser sans être entièrement emportés par elle.
Alors, lorsque la vie nous bouscule, peut-être pouvons-nous commencer par nous demander :
🍃 Que suis-je en train de ressentir… et quelle place vais-je laisser à ce moment dans le reste de ma journée ?
Un moment difficile n’a pas à devenir toute notre journée.
Chaque pas, un retour à l’essentiel.



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