Nous n’avons pas besoin de répondre à tout.
Un message arrive.
Une remarque nous agace.
Quelqu’un nous provoque.
Une inquiétude apparaît.
Notre téléphone vibre.
Et presque immédiatement, quelque chose en nous veut répondre.
Expliquer. Se défendre. Vérifier. Répliquer. S’inquiéter. Agir.
Nous vivons dans un monde qui sollicite constamment notre attention et qui nous habitue à la réaction immédiate.
Mais tout ce qui nous sollicite ne mérite pas nécessairement une réponse immédiate.
Quand une heure en occupe trois…
Prenons une situation toute simple au travail.
Nous sortons d’une réunion contrariés. Une décision nous semble incompréhensible. Une remarque nous a dérangés. Nous avons l’impression que notre réalité n’a pas été entendue.
La réunion est terminée.
Mais elle continue dans notre tête.
Nous repassons certaines phrases. Nous imaginons ce que nous aurions dû répondre. Nous en parlons à un collègue. Puis à un autre. Nous rentrons à la maison… et la réunion est encore avec nous.
Elle a duré une heure, mais nous lui en avons peut-être donné trois.
Même chose avec un courriel.
Il nous faut trente secondes pour le lire, mais quelques mots suffisent parfois pour changer notre humeur pendant une partie de la journée.
Nous préparons mentalement notre réponse. Nous relisons. Nous interprétons. Nous nous irritons davantage.
Et parfois, nous répondons immédiatement.
C’est précisément ici que la pratique zen peut nous apporter quelque chose.
Une respiration
Entre ce qui arrive et notre réaction, il peut exister un espace.
Parfois, cet espace ne dure qu’une respiration.
Je reçois un courriel qui m’irrite.
Je n’ai pas besoin de répondre immédiatement.
Je peux fermer le courriel.
Respirer.
Continuer ce que j’étais en train de faire.
Et revenir plus tard.
Peut-être serai-je toujours en désaccord.
Peut-être faudra-t-il m’affirmer.
Peut-être ma réponse sera-t-elle même : non.
Le zen ne nous demande pas de devenir indifférents, de tout accepter ou de nous taire pour préserver artificiellement notre calme.
Prendre une respiration avant de répondre ne signifie pas renoncer à répondre.
Cela signifie simplement retrouver suffisamment d’espace pour choisir notre réponse.
Un non peut alors demeurer un non.
Mais il devient un non choisi, plutôt qu’un non arraché par la colère.
Habiter l’espace
C’est aussi ce que nous apprenons dans zazen.
Une pensée apparaît. Nous n’avons pas besoin de la chasser.
Une émotion apparaît. Nous n’avons pas besoin de la nier.
Une sensation apparaît. Nous n’avons pas besoin de nous y accrocher.
Nous demeurons là.
Présents.
Et peu à peu, nous découvrons quelque chose d’essentiel :
nous ne sommes pas obligés de suivre tout ce qui traverse notre esprit.
La colère peut être là sans décider immédiatement de nos paroles.
L’inquiétude peut être là sans devenir tout notre horizon.
Le désaccord peut être là sans nous voler le reste de notre journée.
Le silence entre l’événement et notre réponse n’est pas de la passivité.
C’est l’endroit où nous retrouvons notre liberté.
Un instant pour pratiquer
Aujourd’hui, lorsqu’un message, une parole, une contrariété ou une inquiétude provoquera en moi l’envie de réagir immédiatement…
Puis-je prendre une seule respiration avant de répondre ?
Une seule.
Et regarder ce qui devient possible.
Entre ce qui nous arrive et ce que nous en faisons, il existe parfois un espace minuscule. La pratique zen nous apprend à habiter cet espace.
Chaque pas, un retour à l’essentiel.



Laisser un commentaire